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manituana

 

Voici un roman qui me trotte dans la tête depuis maintenant quelques mois, c’est dire la puissance de l’émotion de cette lecture !

 

Entre roman historique, d’aventure, pamphlet sur les conditions sociales entre Amérique du Nord et Europe pendant la guerre d’indépendance des Etats-Unis, descriptions poétiques... différentes pistes de lecture sont possibles. Chacun y trouve son compte. Pour ma part, j’ai eu une lecture plutôt marxiste de ce livre qui nous conte l’histoire de personnages historiques du point de vue anglais, et non français, comme nos manuels scolaires d’histoire nous l’ont appris. D’ailleurs, ce doit être l’objectif de ce collectif d’auteurs italiens prénommé "Wu Ming".

 

Pour poser le décor, l’Amérique du Nord était une colonie britannique, terre d’une guerre économique entre français et anglais principalement. Les tribus amérindiennes se sont ainsi divisées selon qu’elles vendaient aux uns ou aux autres. Ainsi, la fédération des Iroquois était l’alliée des anglais. Et c’est en suivant les péripéties de Molly et de son frère Joseph Brant, iroquois occidentalisés, qu’on se rend compte des stratégies politiques et économiques européennes. La domination et la manipulation des classes dominantes européennes est flagrante : les amérindiens comme chair à canon, les européens comme moyen de coloniser les terres. Le collectif Wu Ming a même eu la fabuleuse idée d’évoquer le voyage des ces iroquois à Londres, à la cour du Roi d’Angleterre. Le peuple londonien est décrit comme miséreux face aux grossières démonstrations de richesse de la noblesse. Finalement, qu’on soit peuple amérindien ou peuple européen, les classes dominantes gouvernantes les ont manipulé à leur profit.

 

L’essence même de cette histoire nous fait prendre conscience de l’ignominie des guerres et de la fatalité des événements. Le schéma social qui est présenté s’applique à toute étude de toute guerre et de tout pays.

 

C’est donc un roman extrêmement bien documenté, à la limite même du documentaire. Mais son écriture si prenante, poétique et envoûtante parfois, l’intègre complètement dans le domaine littéraire.

 

Wu Ming, Manituana, Métailié, 2009

 

Claire Lafon

 

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