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Emile Zola souffre d’une réputation indue de romancier pour baccalauréat. Il faut bien admettre que l’histoire tourmentée des Rougon-Macquart, qui court sur 20 forts volumes, décourage souvent les lecteurs versatiles, inattentifs et impatients que nous sommes devenus.

 

Pourtant, chaque roman de cette monumentale fresque peut se lire indépendamment des autres, et certains sont d’un désespoir et d’une noirceur qui ne les destinent pas spécialement à un public adolescent. C’est le cas de « L’Oeuvre » par exemple.

 

L’intrigue en est connue : Claude Lantier, peintre doué et peut-être génial, va progressivement tout sacrifier à la réalisation de son grand œuvre : sa sécurité financière, son confort, son amour, sa famille et jusqu’à sa vie. Si le personnage est inspiré de Paul Cézanne, ami d’enfance du romancier, sa peinture prend plus vraisemblablement pour modèle celle d’Edouard Manet et de Gustave Courbet (et plus généralement de l’art nouveau de l’époque).

 

Mais c’est la fin tragique du peintre (il se donne la mort par pendaison) qui étonne. Depuis le Werther de Goethe et son « Sturm und Drang », le suicide était en effet – en littérature – le geste d’un panache tout romantique qui clôturait une vie sans issue. Victor Hugo, dans sa géniale démesure, en use (et en abuse…) : dans les Misérables l’inspecteur Javert se précipite dans la Seine, Gilliatt des Travailleurs de la mer laisse l’océan recouvrir son rocher, Gwynplaine, l’homme qui rit, se jette à l’eau et Quasimodo lui-même va s’étendre auprès du cadavre d’Esméralda pour y mourir. Mais Zola n’est pas un romantique ! L’école naturaliste de Médan, dont il est le chef de file, s’est même constituée en réaction aux excès d’un romantisme honni.

 

N’y aurait-il donc pas d’autre issue à l’échec que la mort volontaire ? Et pour être volontaire, la mort de Claude est-elle consentie ? Comment comprendre la folie qui étreint Claude et Christine dans la nuit qui précède cette fatale décision ? Ces questions poursuivent le lecteur longtemps après qu’il ait tourné la dernière page de ce roman brûlant, lucide et désespéré.

            

Pour aller plus loin :

 

 

  • …revoir l’adaptation télévisuelle que fit Pierre Cardinal de « l’Oeuvre » en 1967, dans laquelle Marie-Christine Barrault et Bernard Fresson incarnaient Christine et Claude ?

 (en extrait gratuit et en téléchargement intégral payant)

 

Denis Llavori 

 

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