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erdrich

Pour une fois, Louise Erdrich, auteure amérindienne, s’inspire de ses ancêtres germano-américain pour façonner une histoire épique et rocambolesque.

 

Que dire d’un jeune boucher-tireur d’élite allemand qui émigre aux Etats-Unis après la première guerre mondiale, avec pour seul bagage quelques couteaux et saucisses ? Il ouvre une boucherie dans le Dakota du Nord, à Argus, une petite ville où vit une communauté allemande pour la plupart, et composée de personnages hauts en couleur. Il fonde également une chorale en mémoire de celle des maîtres bouchers de sa ville natale. Il y a son épouse, Eva, digne femme allemande et ses quatre fils, dont deux jumeaux partiront vivre en Allemagne dans les années 1930. La force du destin les opposera dans la seconde guerre mondiale à leurs deux autres frères, qui se battent, eux, du côté américain. Il y a aussi Delphine, la table humaine de son compagnon Cyprian durant leur numéro d’équilibriste, et dont le père, un alcoolique notoire d’origine polonaise, tellement ivre, qu’il ne s’aperçoit pas qu’une famille est enfermée dans sa cave et y restera à jamais. D’autres personnalités aussi affirmées apportent une force dans le récit et nous amènent à comprendre la construction de l’identité américaine.

 

Le melting-pot est extraordinaire, mais la misère humaine l’est tout autant. Si l’on pense aux communautés amérindiennes, victimes de la politique expansionniste européenne et d’une acculturation latente, le sort de communautés étrangères, attirées pour la construction d’un nouveau pays, n’est pas avare d’histoires sordides.
Le mélange de populations induit un syncrétisme de cultures qui donnera naissance à une conscience américaine, bâtie par une multiplicité d’identités.

 

En bref, l’auteure a signé un livre fabuleux, tant par son histoire que par son écriture. Elle nous plonge directement dans une narration pleine de poésie, malgré la dureté de certains sujets. Elle rend les personnages à la fois attachants et pleins de mystère, qui tantôt nous émerveillent et tantôt nous magnétisent. Un livre irradiant.

 

Louise Erdrich, La chorale des maîtres bouchers, Albin Michel, 2005.

 

Claire Lafon

 

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